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Newhaven / Dieppe
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Le port offre un espace particulièrement propice pour réactiver les sens à l’œuvre dans mon travail. Les odeurs, les sons, les matières, les mouvements, les couleurs et les lumières, se trouvent amplifiés et projetés dans le sens du vent et des embruns, exacerbés dans l’imminence d’un ailleurs convoqué par tout bateau. Un port en pleine mutation, en devenir où faire acte de présence et jouer comme «révélateur » prend tout son sens.
L’autoportrait au port de Dieppe se relie à « FABRIK 2*/Lyon 2004 » (Les Subsistances) où, guidée par la phrase de Michel Foucault : « Le navire, c’est l’hétérotopie par excellence », l’une des étapes du projet -qui n’a pu se concrétiser- consistait en une dérive sur le Rhône embarquant des spectateurs. Faire avec ce qui est « disponible », offert par le lieu, le moment, les concordances toujours incroyablement surprenantes dès lors qu’on leur accorde de l’importance. Se mettre en état de disponibilité afin de reconnaître et accueillir ce qui survient ; savoir l’intégrer à la construction du projet.
Résister au désenchantement et au cynisme par une certaine forme d’humour, de plaisir de jouer et de partager ce plaisir. Un « devenir-enfant » qui laisse libre cours à l’imagination, à l’invention de figures, de bribes d’histoires, de rôles, de chansons, de mondes. Pour cet autoportrait le miroir/frontière se traverse en bateau de bord en bord, d’une rive à l’autre : en face. Les mouvements/migrations se jouent simultanément à des vitesses et des échelles différentes (transformations visibles, spectaculaires ou imperceptibles comme la fonte de la glace, un lent écoulement).
Sur-exposition et sous-exposition évoquent des manières de « ratages » (en photographie par exemple) qui, pleinement assumés, deviennent matière même du projet.
Le projet artistique comme une aventure, un « partage du sensible » qui suscite le désir de se mettre en mouvement, de se déplacer.
